Amadeus, la vie d'un ange aux allures diaboliques

Si le légendaire nom de Mozart est familier pour tous, que ce soit suite au traumatisme des cours de musique au collège, à une oreille sensible aux sonorités de la musique classique ou à celle d'un musicien admiratif, son impact sur les générations actuelles est palpable à la vision du film qu'il lui est dédié : Amadeus.


Amadeus, de Milos Forman, affiche officielle, 2002.

Un tourbillon de virtuosité


Sorti en 1984, puis remis au goût du jour en 2002 dans une version plus longue, le long métrage de Milos Forman récompensé par quarante prix, dont l'Oscar du meilleur film, n'a pas pris une ride. A l'image de la musique sempiternelle du compositeur au talent inouï, dont beaucoup gardent l'image de l'enfant prodige, ce film est un parfait ensemble visuel, auditif et émotionnel.

Aucune fausse note au cours de presque trois heures d'images portées par la musique du prodige autrichien, qui n'est, s'il est la figure phare de l'oeuvre comme de l'époque, pas l'interlocuteur principal. 
Tout commence avec un vieillard un peu fou, dont on se pose la question de l'identité, surtout connaissant la mort prématurée de "Wolfi", ainsi surnommé par ses proches. Utilisant la trame (vieille comme le monde, mais qui fonctionne), d'un vieil homme qui raconte ses jeunes années, le réalisateur plonge le spectateur dans la Vienne d'une autre époque, au travers du regard du grand rival à la cour de Mozart : le compositeur Antonio Salieri  (joué par Murray Abraham), compositeur officiel de la cour.

"Je suis un homme vulgaire, mais je puis vous assurer que ma musique ne l'est pas"



Mozart (Tom Hulce), au milieu de son orchestre et devant le public viennois.
Amadeus propose le portrait on ne peut plus humain d'un mélomane enfant-roi. Celui d'un enfant dont le père a consacré sa vie à la reconnaissance de son talent, le menant de palais en palais au travers de toute l'Europe. Cette histoire, riche de nombreux rebondissements au rythme de la vie qu'a connue Mozart, est celle de l'homme. C'est celle du créateur de mélodies qualifiées à son époque de "divine" par ses homologues, une musique qui prenait naissance dans la tête du compositeur à la vitesse d'une ampoule qui s'allume : celle du génie. Celle qui a fait se griffonner sur le papier des thèmes indémodables, sans aucune rature. Cette histoire, c'est celle d'un garçon qui n'a jamais vraiment grandi et a connu une gloire telle qu'elle a profondément blessé son entourage.

Scènes intimes et rituels de créations sont entrecoupés de fêtes gigantesques et d'extraits d'opéras dévoilés sous toutes les coutures. Les plans sur les chanteurs, les danseurs et autres pantins de scènes sont entrecoupés d'autres consacrés aux chefs d'orchestres, mis en lumière.

Une bénédiction pour une malédiction


Mozart a vécu au cours d'une époque où la religion catholique régnait dans les cœurs. Son talent, vu comme un don direct de Dieu, a suscité de nombreux questionnements, notamment chez Antonio Salieri, le conteur de l'histoire.

Mozart (gauche), avec Antonio Salieri (droite).
Tellement passionné que c'en est presque maladif par la musique, le compositeur conte sa rencontre avec la grande figure, qu'il idolâtre depuis sa plus tendre enfance. Puis il fait parcourir au spectateur le quotidien d'un jeune fougueux arrogant, incarnant les éclats et les excès de la cour. S'il ne met pas en doute la qualité des créations du jeune autrichien, qu'il qualifie de "merveilleuses", il souffre de disparaître dans l'ombre de ce soleil dont on entend encore aujourd'hui les notes, presque quotidiennement.

Passion de la musique, sentiments multiples, hasards de la vie et rivalités fortes se croisent dans une oeuvre parfaitement mesurée, où le rôle du compositeur Mozart, incarné par un Tom Hulce juste et crédible, trouve sa place. La vie de ces deux amoureux des notes sur un fond musical précis et des images frappantes, prend aux tripes dans cette biographie originale de Wolfgang Amadeus Mozart. 

3, 4, et ... Il est temps de regarder Amadeus, témoignage vivant qui ouvre à la compréhension d'un créateur d'exception.

A.W.



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