"La défense Lincoln" : la classe à l'état pur
Belle voiture, grosse montre et costume taillé à la perfection, Matthew Mc Conaughey incarne à la perfection le riche avocat qui exerce à L.A. dans La Défense Lincoln (The Lincoln Lawyer), de Brad Furman.
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| La Défense Lincoln, de Brad Furman, affiche officielle, 2011. |
Dès les premières minutes du film inspiré d'une fiction de Michael Connelly, le spectateur est plongé, musique à l'appui, dans le quotidien haletant du riche détenteur du barreau Michael Haller. Il ne peut qu'être séduit par le fait que l'on ne prend pas le temps de lui "expliquer la situation". Pas le temps de se poser de questions, il est plongé in medias rès dans la vie de cet homme d'affaire surdoué, qui ne cesse de vadrouiller entre ses clients et les tribunaux.
Car si Michael est un avocat qui connait son métier et use de ses connaissances pour satisfaire ses clients, il ne travaille pas dans un cabinet, situé dans un immeuble d'une cinquantaine d'étages, mais il vogue en solo (avec son chauffeur) à bord d'une Lincoln Continental noire, dont les amateurs de voiture sauront apprécier les formes, filmées sous toutes les coutures. Conduit par un chauffeur sympathique, il mène une vie sans histoires, entre défense de petits délinquants, bars, flirts et moments partagés avec sa fille.
Ainsi est pris celui qui croyait prendre
Tout parait facile et se dérouler selon le bon vouloir du professionnel du barreau, jusqu'à ce qu'un riche héritier ne fasse appel à lui pour le défendre dans une affaire d'agression. La routine pour celui qui, croyant l'affaire facile et surtout florissante au départ, va se retrouver piégé, dans un combat contre un ennemi redoutable.
Ce n'est pas dans l'action, les coups de poings et de feu que ce film marque les esprits. C'est grâce à la force de ses dialogues et son scénario, parfaitement ficelé et qui va de paire avec une mise en scène qui tient en haleine le spectateur.
Trois hommes de caractère
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| Le face à face de Michael est Louis, à la hauteur de la réputation de ses interprètes. |
Michael Haller est un personnage de caractère, qui en impose et s'impose si on ne l'écoute pas. Il est celui qui tâte le terrain, trouve la faille et s'y engouffre pour tirer son avantage et s'en aller. Il est rapide et efficace, mais va se retrouver confronté à ses pires cauchemars.
Louis Roulet, joué par Ryan Philippe (la belle gueule de Sexe Intensions), est le riche client qui fait appel à lui pour le défendre dans une affaire de tentative de meurtre, dont il parait comme la victime. Blond aux yeux bleus, un peu pleurnichard, on lui donnerait le Bon Dieu sans confessions. Et c'est dans son témoignage face au jury que l'on mesure les qualités de l'acteur, qui incarne l'adversaire idéal face à un Matthew Mc Conaughey qui n'a plus besoin de faire ses preuves.
Le trio est complété par un nouvel arrivant au cours de l'intrigue : Ted Minton, le nouveau procureur avec qui Michael n'a pas l'habitude de travailler, et qui va lui rendre la tâche difficile. Pour la première fois, l'avocat semble craindre un de ses confrères, qui ne se laissera pas manipuler ou intimider. Josh Lucas est parfait dans le rôle, qui n'est pas au centre de l'intrigue mais en constitue un élément essentiel. On le déteste pour être l'opposant de celui que l'on considère comme le héros, mais on l'adore pour sa prestance, sa férocité et son intelligence qui, on se le demande un long moment, pourra peut-être surpasser celle de son opposant.
La Défense Lincoln, c'est une oeuvre originale, qui a simplement, comme l'acteur qui incarne le rôle principal et sa voiture, la classe. Et c'est surtout un moyen d'examiner un monde de requins des affaires vu de l'intérieur, et ses conséquences sur une personne qui souhaite rester en marge des complots et accords tacites.
A.W.


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